World Book Snowpocalypse Day

Jeudi dernier, c’était World Book Day. Expliquons !
Il s’agit d’une journée où les enfants peuvent venir déguisés en un personnage de livre de leur choix. C’est un événement national, et il y plein d’activités pour inciter les gamins à lire.

Zoé avait choisi son héroïne préférée du moment : Katniss Everdeen, la jeune rebelle de la série Hunger Games. (Elle a adoré les trois bouquins, et on a regardé ensemble les films récemment.)
On lui a donc trouvé des habits noirs, fait une tresse, imprimé son insigne et construit un carquois en carton.

Mais… C’était aussi le premier jour de l’arrivée de la Beast from the East, une grosse vague de froid et de neige qui a paralysé le pays pendant quelques jours. Les Anglais sont assez peu habitués à la neige, un peu comme les Parisiens !
Les deux grands sont allés à l’école à pied, ils n’ont pas voulu tenter le vélo, c’était bien glissant. Mais ils en sont revenus tout de suite, parce que le collège fermait !

Pour Zoé, pas de chance, l’école primaire était ouverte, et elle a donc eu droit à un tour en luge pour y aller. Mais ils ont finalement décidé de la fermer à 13h, et Anne a dû aller la rechercher. Zoé était toute contente. Elle aurait bien râlé, si elle avait eu école et pas les deux autres…

C’est là que les ennuis ont commencé ! Notre chaudière a décidé qu’il faisait trop froid pour travailler, et s’est mise en panne. (On a compris plus tard que le problème venait de son tuyau d’évacuation d’eau de condensation, qui se trouvait dehors et avait donc gelé. British plumbing…)
Le soir, il faisait 14°C dans la maison, et on s’est donc réfugié dans le salon autour de la minuscule cheminée, qui nous a sauvé la soirée, sinon la vie !
Pour dormir, on a mis les 3 enfants dans la même chambre avec un radiateur d’appoint, qui n’avait pas servi depuis longtemps. Et Anne et moi avons descendu notre literie pour dormir à côté de la cheminée, en entassant les couvertures.

Le matin, il faisait 10°C ! (Et 5°C dans notre chambre sous les toits…) On a donc commencé par refaire un feu, et pris notre petit déj autour. Toutes les écoles étaient fermées, ce fut une journée calme. Mais on a enfin réussi à faire repartir la chaudière, qui a gentiment turbiné toute la journée pour faire remonter la température. On surveillait ça de près, en mettant des couvertures sur le tuyau dehors et en espérant que ça tienne le coup ! Elle a mis 24 heures à récupérer le 19°C… Ouf !

Au final, il est bien tombé 10cm de neige sur deux jours. En plus des 2 jours d’école, ont été annulés :

  • une compétition de chant pour Gaël avec sa chorale d’école, à la salle de théâtre
  • les cours de karaté pour Iris
  • les cours de musique du samedi pour Gaël et Zoé
  • un pot de départ d’anciens collègues
  • une sortie scolaire pour Iris, où elle devait rencontrer des écrivains
  • une autre compétition de chant pour Gaël dimanche

Bon, mais en échange on a eu de la neige deux fois cet hiver, et ça c’était quand même sympa !
On en a profité une dernière fois aujourd’hui, en allant faire un peu de luge sur une petite pente du campus universitaire à côté. Avant que la pluie n’emporte tout cet après-midi…

Balade à vélo

Gaël ayant bien grandi ces derniers temps, son vélo (qu’il utilise tous les jours pour aller au collège) était beaucoup trop petit. Et Iris pareil. Nous avons donc procédé au décalage rituel : nouveau vélo, taille adulte, pour Gaël, et les suivantes prennent le vélo du cran au-dessus. Le vélo restant partira sur eBay.
Zoé était ravie de son nouvel engin, et nous a longuement réclamé une balade avec, qui a finalement eu lieu dimanche dernier.

Nous avons donc enfourché nos montures et sommes partis de chez nous. D’abord, nous avons rejoint la rivière Kennet, qui se jette dans la Tamise pas très loin. Nous l’avons ensuite remontée, en traversant la ville, puis de plus en plus loin dans la campagne. Il avait plus toute la journée la veille, et le chemin devenait de plus en plus gadouilleux. Mais les garde-boue ont tenu bon ! Et les gants aussi, parce qu’il faisait 5°C. On a même eu un peu de soleil. Au total, un trajet de 6 miles, mais oui ! (Oui, je sais… Ça fait 10 km !)

Notre destination finale, vous nous connaissez maintenant: un joli country pub, le Cunning Man, situé juste au bord de la rivière. Et le repas traditionnel des dimanches au pub: le sunday roast  (Mais siiii… souvenez-vous !).

Le retour fut un poil plus difficile. On était un peu lourd qu’à l’aller. Oui, on avait aussi pris un dessert. Le vent était moins bien orienté. Et les gambettes de Zoé commençaient à fatiguer. On est rentré au chaud, se faire une flambée dans notre toute petite cheminée, et tout allait mieux.

Quelques photos de notre “banlieue” !

Iris et les bêtes dangereuses

À l’école, Iris fait partie du groupe des more able. Ça veut dire qu’elle réussit bien à l’école, mais aussi qu’elle a des capacités qui ne rentrent pas très bien dans un cadre académique, que l’école essaie d’exploiter et de stimuler avec des activités différentes.

En février, elle avait l’opportunité de faire une présentation devant ce groupe d’élèves, sur le sujet qu’elle voulait.
Au départ, elle ne voulait pas trop. C’est quand même du travail supplémentaire ! On a trouvé un sujet qu’il l’intéressait, et ça a aidé : les animaux dangereux d’Australie ! (Elle regarde beaucoup de documentaires animaliers, et toutes ces bestioles mortelles l’intéressent…) Le prof de karaté a aussi poussé un peu, et finalement elle s’est décidé à le faire.

Elle a beaucoup travaillé, fait des diapos sous Powerpoint, et présenté tout ça la semaine dernière, dans le grand amphi de l’école. Elle avait répété devant Anne auparavant. Elle a rajouté des petites blagues de temps en temps, pour capter l’attention. Bref, elle s’est très bien débrouillé !

Le lendemain, il y avait une réunion parents-profs, et la prof d’Anglais, qui s’occupe aussi des more able, n’a pas tari d’éloges sur sa présentation — et aussi sur son travail. Son seul reproche était qu’Iris ne participe pas assez en classe.
C’était d’ailleurs général chez tous les profs que j’ai pu voir : elle travaille bien, mais la participation est trop faible.
SAUF en drama (théâtre, qui est un cours à part entière ici), où elle est apparemment très à l’aise sur scène, capable de jouer différentes émotions, etc. Le prof a dit que c’était assez courant que les élèves discrets se révèlent dans son cours. Et il a essayé de la recruter pour son option de l’année prochaine…

Voici les slides de la présentation – et non, on n’y a pas assisté donc il n’y a pas de vidéo malheureusement !

Cheval préhistorique

En Angleterre, il y a plusieurs endroits où les hommes préhistoriques ont dessiné des chevaux stylisés sur les collines (par manque de grotte, peut-être…). Nous sommes allés en voir un, le Cheval blanc d’Uffington, pas très loin de chez nous.
La colline en question est le point le plus haut de la région, avec une vue supposée être magnifique… Mais il y avait un tel brouillard qu’on n’a pas vu grand chose !

La purée de pois s’est un peu éclairci au fur et à mesure qu’on marchait. On est passé par une autre colline, supposée être celle où Saint George a occis son dragon, devenant ainsi le saint patron de l’Angleterre !
En redescendant, on a croisé un village typique, avec maisons en toits de chaume, église carrée, cimetière herbeux autour, …

Malgré le temps, c’était quand même une belle balade, dont voici quelques photos !

Magical reindeer food

Dans ce pays, le ridicule ne tue jamais. Il est même parfois fortement encouragé, notamment au moment de Noël !
Anne a découvert dans un supermarché ce petit sachet de nourriture pour rennes magiques ! La composition est indiquée en-dessous : avoine, carottes et… paillettes comestibles.

Le verso explique qu’il s’agit de nourriture pour oiseaux, et que ce n’est pas fait pour nourrir des rennes en captivité, mais uniquement les rennes magiques du Père Noël. Il faut donc répandre le contenu dehors la veille de Noël.

Et bien sûr, les bénéfices vont à une association caritative.

En amoureux sur l’Île de Wight (3)

Le dernier jour, nous avons passé la journée au Jardin botanique de Ventnor. Grâce à une localisation particulière sous la falaise, il y a un micro-climat à cet endroit qui permet de faire pousser plein de plantes tropicales. Le jardin botanique était même très fier d’avoir des petits lézards dans ses murs de pierre sèche, les seuls de tout le Royaume-Uni !

Ce jardin botanique a été construit sur l’ancien site d’un hôpital pour tuberculeux, qui prônait la guérison par l’air marin et le travail physique intense (les malades ont par exemple creusé un tunnel dans la falaise que l’on a pu visiter). Autant dire que le taux de survie n’était pas énorme…

De nos jours, l’hôpital a été entièrement détruit et transformé en un magnifique jardin, absolument immense. Seules les salles de chaufferies, souterraines, sont encore utilisées, pour y faire  pousser des champignons, que le musée vend ensuite aux touristes.

On pensait passer une matinée dans le jardin, mais on y est resté toute la journée finalement, tellement il y avait de choses à voir. On a quand même fait une petite pause le temps du déjeuner, pour retourner une dernière fois sur la petite plage juste à côté, et déguster un super sandwich au crabe.

En fin d’après-midi, on a repris le chemin de la maison, pour faire nos valises et aller récupérer nos enfants en France !

En amoureux sur l’Île de Wight (2)

Le lendemain, direction les Needles qui sont des aiguilles de calcaire à la pointe Ouest de l’île, après un super petit déjeuner, au soleil dans la magnifique salle à manger du B&B. On a fait une grande randonnée sur les falaises, avec une vue magnifique sur une mer bien bleue et on a visité l’ancien poste militaire qui, du bout de la pointe, surveillait l’approche de bateaux ennemis. Quand la faim s’est faite sentir, nous sommes allés faire un petit tour dans le village au pied des falaises.

Comme très souvent en Angleterre, le village au bord de la plage contient une fête foraine, avec manèges et machines à sous. On a vidé nos poches de toutes nos petites pièces de 10p dans une de ces machines, et on a gagné des bonbons et un porte-clé absolument hideux 🙂 C’était cool !

Ensuite, nous avons décidé de descendre prendre le soleil sur la petite plage de galets, tout en bas de l’immense falaise. Pour ça, on avait le choix entre descendre une centaine de marches ou bien prendre la remontée mécanique. Nous avons choisi la seconde option, et la descente face à la mer était vraiment spectaculaire. Après une petite pause sur la plage, nous sommes remontés, cette fois-ci en faisant face à la falaise, ce qui a permis d’admirer les différentes couleurs de la roche. C’était vraiment un beau spectacle.

On a ensuite fait le tour des artisans. Nous sommes malheureusement arrivés trop tard pour la visite guidée de la fabrique de bonbons, mais nous avons passé un bon moment chez le souffleur de verre.

Après cela, retour au B&B, où, sur les recommandations de notre logeuse, nous avons passé un moment sur la terrasse à regarder les blaireaux venir manger. Apparemment, contrairement au reste de l’Angleterre, les blaireaux ne sont pas considérés comme des nuisibles sur l’Ile de Wight, et il est donc permis de leur donner de la nourriture. Notre logeuse a donc une famille blaireau à demeure dans son jardin, qui passe tous les soirs au crépuscule manger la nourriture qu’elle leur a laissé. La taille de la bestiole nous a bien impressionnés, je ne pensais pas que c’était si gros !

Pour le dîner, nous avons repris le chemin au bord de la mer pour tester un pub au village d’à côté. On a mangé une pinte de crevettes sur la terrasse face à la mer. La vue sur les bateaux illuminés qui quittaient le port de Southampton au loin était vraiment chouette, par contre le petit vent n’était pas chaud du tout… On a repris le chemin de notre chambre, dans le noir mais sans se perdre 🙂

En amoureux sur l’Île de Wight (1)

Comme le petit séjour à Hawaii nous a donné le goût des vacances à deux, on s’est dit que, puisque les enfants allaient profiter d’une semaine sans nous en France (merci la famille 🙂 ! ), on pourrait aussi bien s’offrir un petit break juste nous deux, avant d’entamer les grands travaux dans la maison.

Et justement, juste à côté de Southampton où on a mis les enfants dans l’avion, il y a l’île de Wight ! Donc nous voilà parti pour trois jours de rando, visites de château, musée etc SANS ENFANTS qui râlent/ont faim/mal aux jambes/soif/s’ennuient (rayer la mention inutile).

Nous avons donc mis la voiture sur le ferry : 1 heure de bateau pendant laquelle je n’ai même pas été malade, ce qui déjà est un exploit.

Aussitôt arrivés, première visite : Osborne, la résidence d’été de la Reine Victoria. C’est une vraie merveille. D’abord nous avons fait le tour du parc avec la plage privée et la machine à bain de la Reine, le chalet suisse construit sur les plans du prince Albert pour servir de maison de jeux pour leurs 9 enfants (!), le potager… C’est immense !

L’intérieur est vraiment chouette aussi. Les salles officielles ne sont pas les plus intéressantes, mais les pièces réservées à la famille sont très sympas. La plus impressionnante est le salon indien décoré entièrement par des artistes indiens que Victoria avait fait venir, et garni avec les cadeaux envoyés par les différents dignitaires du pays. C’est somptueux ! Victoria, apparemment, voulait avoir une idée de ce qu’était l’Inde sans avoir à y mettre les pieds, ce qu’elle a réussi à éviter toute sa vie.

Après ça, arrivée dans notre B&B au sud de l’île, où la logeuse très sympa nous a donné de bonnes indications sur ce qu’il fallait voir dans l’île et où manger du bon crabe 🙂 On a donc immédiatement suivi son conseil et on a longé la mer à pied jusqu’à Ventnor, où on a mangé une excellent salade de crabe pour un prix extrêmement raisonnable, dans un petit restaurant face à la mer. Cela aurait pu être paradisiaque si le vent n’était pas aussi froid, mais bon, on ne va pas se plaindre, il ne pleuvait pas !

Voici les photos de cette première journée. La suite bientôt !

Brexitons

Alors voilà, notre Royaume bien aimé va quitter l’Union Européenne.

Après coup, tout ça ressemble à une farce qui aurait mal tourné, une guéguerre entre deux politiciens conservateurs (Cameron, premier ministre, et Boris Johnson, ancien maire de Londres), qui pensent avant tout à leur carrière, mais ont entraîné tout le monde avec eux dans cette histoire.

Car le pays est aujourd’hui très divisé.
Géographiquement d’abord : l’Écosse veut rester dans l’UE et démarre des négociations dans ce sens. Et l’Irlande du nord va se rapprocher de la République d’Irlande, pour faire de même. On pourrait donc voir l’éclatement du Royaume-Uni.
Suivant les générations ensuite : les jeunes ont voté massivement pour rester, les vieux pour partir. Il y a du ressentiment envers les baby-boomers, vus comme ayant eu une vie économiquement aisée, et qui dénient aux jeunes l’avenir qu’ils souhaitent.
Et bien sûr, les populations les moins éduquées et les moins riches ont voté massivement pour partir, manipulées par des mensonges et une xénophobie latente. C’est un vote “protestataire” exactement comme le vote Front National. Et on commence à voir du racisme s’exprimer ouvertement, ce qu’on avait très peu vu jusqu’ici, contrairement à la France.

Il faut comprendre aussi que les Anglais n’ont pas du tout le même attachement à l’Europe que nous, notamment parce qu’ils se méfient de tout pouvoir central. Ils préfèrent s’organiser localement que de s’en remettre à une autorité lointaine, que ce soit à Bruxelles ou à Londres. Les Anglais sont tous anarchistes !
L’Union Européenne est donc vue uniquement du point de vue économique : le but a toujours été d’avoir le meilleur deal possible avec elle, sans s’occuper d’un quelconque projet commun.

Alors pas de panique : on ne se sent pas menacés de partir. À mon travail, les collègues étaient tous atterrés par le résultat, et plusieurs sont même venus s’excuser ! Avec nos boulots qualifiés, on fait partie de cette “immigration choisie”, qui fait tourner une bonne partie de l’économie. Mais Anne a passé un très mauvais moment dans sa salle de profs vendredi, avec quelques brexiters qui péroraient et étalaient leur xénophobie.
Elle veut maintenant déménager au Canada… (Le temps bien pourri depuis un mois n’aide pas !) Moi je pense qu’elle devrait juste changer d’école.

À suivre !

British milk

Voilà le genre de truc typiquement British qu’on adore : le laitier qui passe à domicile, très tôt le matin !
Du coup on s’est abonné, et on reçoit nos 2 pintes sous notre porche, chaque mardi et samedi, dans des jolies bouteilles en verre consignées. Par contre, c’est fini la monnaie dans le couvercle ! Le laitier s’est modernisé, et on paye maintenant par internet.
La société qui livre s’appelle milk&more, puisqu’ils livrent tout ce que mange les Anglais au petit déj : lait, mais aussi pain, beurre, céréales, œufs, bacon, etc. Et même du PQ…

Le lait est d’ailleurs très bon ici. On trouve bien plus facilement du lait frais que du UHT, que j’ai toujours détesté… La première bouteille achetée ici, on a pris du lait entier comme on en avait l’habitude. Mauvaise idée : il était bien épais et il y avait de la crème qui flottait — les gamins n’ont rien voulu en faire ! Maintenant on prend du demi-écrémé.
Bien évidemment, il a une capsule rouge, et bleue pour le entier. Tout le contraire de la France…